mercredi 17 octobre 2007

Un sens à la souffrance

Trouver le sens de la douleur et de la souffrance
L'art du bonheurSa Sainteté le Dalaï-Lama et Howard Cutler, p. 186

«Victor Frankl, un psychiatre juif emprisonné par les naziz durant la Seconde Guerre mondiale, déclara un jour :

«L’homme est prêt à toutes les souffrances, tant qu’il peut y déceler un sens.»

Frankl s’est servi de son expérience brutale et inhumaine des camps pour en retirer des vues pénétrantes sur la manière dont les gens ont survécu à ces atrocités. En observant de près ceux qui ont survécu, il a pu déterminer que la survie ne reposait pas sur la jeunesse ou sur la force physique, mais plutôt sur cette force qui découle de la volonté, et sur la faculté de trouver un sens à son existence et aux épreuves que l’on traverse.Trouver une signification à la souffrance est certes une méthode puissante pour faire face aux périodes les plus noires de l’existence. Mais ce n’est pas une tâche aisée. Souvent, la souffrance semble dénuée de signification, paraît frapper au hasard, aveuglément : à partir de là, comment y trouver quoi que ce soit de positif? Quand on est en proie à la douleur, toute l’énergie se concentre sur la recherche d’une issue. Dans les périodes de crise aiguë ou de tragédie, il est tout naturel de les juger injustes et dépourvues de sens, et de se demander : «Pourquoi moi?» En de pareils moments, réfléchir à un sens au-delà de la souffrance est au-dessus de nos forces. Heureusement, il est d’autres moments, avant ou après une épreuve, où l’on a plus de latitude pour comprendre. C’est pourquoi on recherchera le sens caché de la souffrance quand tout va bien, afin de mettre toutes les chances de son côté pour en récolter les fruits. Ainsi, quand le mal frappera de nouveau, on sera récompensé du temps et des efforts consentis en des temps plus cléments. Un arbre qui plonge loin ses racines résistera au plus violent des orages : en revanche, il ne peut faire croître ses racines juste quand l’orage pointe à l’horizon.(…) Lorsque vous subissez maladie, douleur ou souffrance, formulez la pensée suivante :

«Puisse ma souffrance se substituer à la souffrance de tous les êtres doués de sensation. Que cette expérience me permettre de sauver tous les êtres doués de sensation qui subissent une souffrance identique.»

Ainsi, votre souffrance vous donnera l’occasion de prendre en charge celle d’autrui.(…) Par cette seule pensée («Qu’endurer cette douleur et cette souffrance me rende capable d’aider les autres, de les sauver s’ils doivent en passer par des épreuves similaires»), votre souffrance revêtira une signification nouvelle, en servant de base à une pratique religieuse ou spirituelle.»